API DPE de l'ADEME : le guide complet pour exploiter la base
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Tous les DPE établis en France depuis le 1ᵉʳ juillet 2021 sont publiés en open data par l'ADEME et interrogeables par API. Pour un bailleur, un bureau d'études ou une direction des données, c'est la matière première de tout diagnostic énergétique de parc : étiquettes, surfaces, dates de validité, adresses, identifiants de bâtiment. Encore faut-il savoir quel jeu de données interroger, avec quelles requêtes, et où sont les pièges — ceux que la documentation ne raconte pas et que l'on découvre en production.
Bonne nouvelle préalable : ces données sont sous Licence Ouverte Etalab. La réutilisation est libre, y compris à des fins commerciales, sous réserve de mentionner la source. Rien n'interdit donc d'industrialiser leur exploitation sur votre propre patrimoine.
Quel jeu de données interroger ?
Premier réflexe à corriger : data.ademe.fr n'est pas « la base DPE », c'est le portail open data de l'ADEME, qui héberge des dizaines de jeux de données. Les DPE y sont répartis en plusieurs jeux distincts, et se tromper de jeu produit des conclusions fausses en silence.
- DPE logements existants (depuis juillet 2021) — identifiant
dpe03existant. Le jeu central pour un parc résidentiel : plus de 15,1 millions d'enregistrements au 15 juillet 2026, mis à jour chaque semaine. - DPE logements neufs (depuis juillet 2021) —
dpe02neuf. Environ 1,4 million de diagnostics de logements neufs, à ne pas oublier si votre parc intègre des livraisons récentes. - DPE tertiaire (depuis juillet 2021) —
dpe01tertiaire. Environ 547 000 enregistrements pour les bureaux, commerces et locaux d'activité. - DPE logements (avant juillet 2021) —
dpe-france. Environ 10,7 millions de diagnostics de l'ancienne méthode de calcul, antérieure à la réforme de 2021. À réserver aux analyses historiques : pour piloter la conformité d'un parc, ce sont les jeux post-2021 qui font foi.
Chaque enregistrement décrit un diagnostic complet. Les champs les plus utiles pour un gestionnaire de parc : numero_dpe (l'identifiant unique à 13 caractères), etiquette_dpe et etiquette_ges, date_etablissement_dpe, surface_habitable_logement, type_batiment, et surtout la double lecture de l'adresse : adresse_brut telle que saisie par le diagnostiqueur, et adresse_ban recalée sur la Base Adresse Nationale, accompagnée d'identifiant_ban et, quand il est renseigné, d'id_rnb, l'identifiant du Référentiel National des Bâtiments.
L'API data-fair : un contrat simple
Le portail est propulsé par data-fair, un logiciel libre de diffusion de données. Conséquence pratique : tous les jeux exposent la même API REST. Pour lire des lignes, un seul endpoint suffit :
https://data.ademe.fr/data-fair/api/v1/datasets/dpe03existant/lines
La réponse JSON tient en trois clés : total (le nombre de lignes correspondant à la requête), results (la page de résultats) et next (l'URL de la page suivante). Les paramètres qui comptent :
qs— le filtre structuré, en syntaxe de requête ElasticSearch. C'est l'outil de précision :qs=etiquette_dpe:"G"cible un champ exact,qs=numero_dpe:"…"retrouve un diagnostic précis. Les clauses se combinent avecANDetOR.q— la recherche plein-texte, classée par pertinence. Moins précise, mais précieuse en repli quand les identifiants manquent (nous y revenons plus bas).size— la taille de page : 12 par défaut, 10 000 au maximum.after— la pagination profonde par curseur, à préférer au paramètrepagedès que l'on parcourt de gros volumes ; en pratique, il suffit de suivre l'URLnextde chaque réponse.select— la liste des colonnes à retourner. Un enregistrement DPE est volumineux ; ne demander que les champs utiles allège considérablement les échanges.format— au-delà du JSON :csv,xlsxougeojsonpour alimenter directement un SIG ou un tableur.
Avec ou sans clé API ?
L'API est ouverte : aucune clé n'est requise pour commencer. Un appelant anonyme dispose de 600 requêtes par tranche de 60 secondes ; un appelant authentifié — par session ou par clé d'API, transmise dans l'en-tête x-apikey — passe à 1 200. Le débit est également plafonné (500 ko/s en anonyme sur les appels dynamiques, 1 Mo/s authentifié). Pour un usage ponctuel, l'anonyme suffit largement ; pour un traitement de parc entier, la clé et un limiteur de débit côté client s'imposent.
Les requêtes utiles sur un patrimoine
Vérifier un DPE par son numéro
Le numéro de DPE à 13 caractères, attribué par l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME lors du dépôt, est la clé primaire de fait de toute la base : c'est lui qui figure sur le rapport remis au propriétaire, lui qu'exigent les plateformes d'annonces, lui qui permet de retrouver la fiche officielle. Une requête qs=numero_dpe:"…" renvoie l'enregistrement complet. Pour une vérification unitaire sans code, l'observatoire propose la même recherche en ligne, avec téléchargement d'attestation.
Chercher par identifiants, pas par adresse
L'erreur classique consiste à filtrer sur l'adresse en texte libre. Les adresses de la base sont saisies à la main par les diagnostiqueurs, avec abréviations, fautes et numéros erronés ; nous avons documenté ces pièges dans un article dédié. Les deux pivots fiables sont les identifiants ajoutés à la base par géocodage : identifiant_ban (la clé d'interopérabilité de l'adresse BAN) et id_rnb (l'identifiant permanent du bâtiment au RNB). Un filtre exact sur l'un de ces champs ne produit aucun faux positif : c'est un match d'identifiant, pas une comparaison de chaînes.
Mais aucun des deux pivots n'est complet, et c'est le piège le plus coûteux du passage à l'échelle : s'arrêter au premier pivot qui répond fait rater des diagnostics bien réels. La stratégie robuste interroge les deux et fusionne les résultats, dédupliqués par numéro de DPE.
Le repli plein-texte, à manier avec un filtre client
Quand ni la BAN ni le RNB ne ramènent de candidat, reste la recherche plein-texte : passer le libellé d'adresse normalisé dans le paramètre q, récupérer les meilleures correspondances classées par pertinence, puis re-filtrer strictement côté client — code postal identique, voie cohérente — avant d'envisager le moindre rattachement. Le plein-texte élargit le filet ; le tri des poissons se fait chez vous.
Limites et pièges constatés en production
- La protection anti-abus rejette les requêtes trop larges. Constat de juillet 2026 sur nos propres traitements : certains filtres structurés à large spectre — par exemple viser un code postal entier via
qs— sont rejetés avec une erreur 403 par le pare-feu applicatif du portail, y compris avec une clé API et une taille de page réduite. La parade : des requêtes ciblées à la maille du bâtiment ou de l'adresse, et le filtrage géographique large réappliqué côté client. - La troncature est silencieuse. Si une réponse contient exactement
sizerésultats, il en existe probablement davantage. Sur un traitement automatisé, ce cas doit déclencher une alerte ou une pagination par curseur — sinon des candidats disparaissent sans laisser de trace. - Les données sont brutes, l'adresse est le maillon faible. L'ADEME republie les saisies des diagnostiqueurs sans correction, et la mission Etalab signale des erreurs fréquentes sur les champs d'adresse. L'API vous donne un accès parfait à des données imparfaites : la qualité se reconstruit en aval, par normalisation et arbitrage.
- Un logement accumule les DPE. Revente, relocation, rénovation : plusieurs diagnostics valides peuvent coexister à la même adresse. Prendre « le plus récent trouvé » sans examiner surface, étage et complément d'adresse, c'est s'exposer à rattacher le DPE du voisin.
- L'étiquette a changé de calcul au 1ᵉʳ janvier 2026. Le coefficient de conversion de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9 : les DPE établis depuis 2026 l'intègrent automatiquement, et les logements chauffés à l'électricité diagnostiqués avant peuvent obtenir gratuitement une attestation de nouvelle étiquette auprès de l'observatoire, sans nouvelle visite. Avant toute décision fondée sur l'étiquette d'un DPE antérieur à 2026, contrôlez donc sa date d'établissement et l'existence d'une étiquette actualisée.
De l'API au rattachement : le vrai travail commence après
Il faut être lucide sur ce que l'API fait — et ne fait pas. Elle rend chaque DPE accessible, filtrable, vérifiable. Elle ne dit jamais quel DPE correspond à quel logement de votre référentiel : aucun champ de la base ne contient vos numéros de logement ni vos codes immeuble. Passer de « j'interroge la base » à « chaque logement de mon parc porte le bon DPE, prouvé » exige une chaîne complète : géocodage BAN du patrimoine, résolution des bâtiments au RNB, cascade de pivots exacts puis de replis contrôlés, appariement optimal à l'échelle de l'immeuble, contrôle bloquant zéro-doublon et arbitrage des cas douteux. Cette chaîne est décrite pas à pas dans notre article de référence sur la méthode.
C'est précisément ce pipeline que RattachDPE industrialise : vous déposez votre référentiel patrimonial, le service orchestre les appels à la BAN, au RNB et à l'API de l'ADEME — quotas, replis et contrôles compris — et restitue chaque logement avec son DPE, son statut et le lien vers la fiche officielle. Pour voir le rattachement des DPE ADEME à votre patrimoine en conditions réelles, écrivez-nous à contact@techflowai.fr avec un extrait de votre parc : la démonstration se fait sur vos propres adresses.
Sources
- 1.data.ademe.fr — jeu « DPE logements existants (depuis juillet 2021) » : 15 193 242 enregistrements au 15 juillet 2026, mise à jour hebdomadaire, Licence Ouverte v2.0.
- 2.data.ademe.fr — jeu « DPE logements neufs (depuis juillet 2021) » : 1 394 020 enregistrements, mise à jour hebdomadaire.
- 3.data.ademe.fr — jeu « DPE tertiaire (depuis juillet 2021) » : 547 423 enregistrements, mise à jour hebdomadaire.
- 4.data.ademe.fr — jeu « DPE logements (avant juillet 2021) » : 10 728 950 diagnostics de l'ancienne méthode.
- 5.data.ademe.fr — FAQ du portail : 600 requêtes/60 s en anonyme, 1 200 authentifié (session ou clé d'API), plafonds de débit.
- 6.data.gouv.fr — API « DPE logements » référencée sur data.gouv.fr, base data-fair de l'ADEME, licence Etalab.
- 7.data.gouv.fr — billet officiel data.gouv.fr (Etalab) : données brutes saisies par les diagnostiqueurs, erreurs fréquentes sur les champs d'adresse, géocodage BAN de la base.
- 8.service-public.gouv.fr — service officiel de vérification d'un DPE ou audit et de téléchargement d'attestation (observatoire DPE-Audit de l'ADEME).
- 9.economie.gouv.fr — réforme du 1ᵉʳ janvier 2026 : coefficient de conversion de l'électricité abaissé de 2,3 à 1,9, attestation de nouvelle étiquette gratuite sans nouvelle visite.