DPE collectif obligatoire en 2026 : immeubles, monopropriétés et parc social

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Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la dernière marche est franchie : tout bâtiment d'habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1ᵉʳ janvier 2013 doit disposer d'un DPE réalisé à l'échelle de l'immeuble entier — y compris les copropriétés de cinquante lots et moins, dernières servies par le calendrier. Les monopropriétés, elles, y sont tenues depuis 2024 : c'est le cas type du parc des bailleurs sociaux. Ce guide fait le point, textes à l'appui, sur qui doit quoi et pour quand, sur l'articulation entre DPE collectif et DPE du logement, et sur ce que cette vague de diagnostics change dans la donnée patrimoniale. À jour au 16 juillet 2026.

Ce que dit la loi : un DPE pour l'immeuble entier

L'obligation tient en une phrase, celle de l'article L. 126-31 du code de la construction et de l'habitation, réécrit par l'article 158 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, dite Climat et Résilience : « Tout bâtiment d'habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1ᵉʳ janvier 2013 dispose d'un diagnostic de performance énergétique ». Ce DPE est établi dans les conditions de droit commun de l'article L. 126-26 — même méthode de calcul, même étiquette de A à G, même opposabilité que le DPE d'un logement, mais à la maille du bâtiment : parties communes, équipements collectifs et échantillon de logements.

Le texte règle aussi la question de la durée : le diagnostic est renouvelé ou mis à jour tous les dix ans, sauf lorsqu'un DPE réalisé après le 1ᵉʳ juillet 2021 établit que le bâtiment appartient à la classe A, B ou C — auquel cas aucun renouvellement n'est exigé.

Attention à ne pas confondre les registres : cette obligation de l'article 158 est documentaire — disposer d'un diagnostic. Elle est distincte du calendrier de décence énergétique de l'article 160, qui retire progressivement du marché locatif les logements G, F puis E et que nous détaillons dans notre guide du calendrier 2025-2028-2034. Les deux mécanismes se rejoignent pourtant sur le terrain, on y revient plus bas.

Le calendrier : 2024, 2025, 2026 — puis 2028 en outre-mer

Le VI de l'article 158 fixe l'entrée en vigueur générale au 1ᵉʳ janvier 2024 et n'accorde de report qu'aux copropriétés d'au plus deux cents lots « à usage de logements, de bureaux ou de commerces » — c'est ce mode de calcul des lots, et non les seuls logements, qui détermine l'échéance applicable :

  • 1ᵉʳ janvier 2024 — monopropriétés et copropriétés de plus de 200 lots. Les immeubles détenus par un propriétaire unique ne bénéficient d'aucun report : ils relèvent de l'échéance générale, quelle que soit leur taille.
  • 1ᵉʳ janvier 2025 — copropriétés de 50 à 200 lots.
  • 1ᵉʳ janvier 2026 — copropriétés d'au plus 50 lots. La dernière marche : l'obligation couvre désormais tout le parc collectif d'avant 2013 en métropole.
  • 1ᵉʳ janvier 2028 — Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte. L'obligation y entrera en vigueur à cette date, selon service-public.fr.

En copropriété, la réalisation du diagnostic se décide en assemblée générale à la majorité simple de l'article 24, sur inscription à l'ordre du jour par le syndic. Les textes ne prévoient pas de sanction spécifique en cas d'absence de DPE collectif — service-public.fr le relève expressément. Le risque est ailleurs : sans diagnostic à la maille du bâtiment, pas de vision consolidée de la performance de l'immeuble, et des décisions de travaux prises à l'aveugle.

Monopropriétés et parc social : concernés depuis 2024, sans seuil de taille

La monopropriété — l'immeuble entier détenu par un seul propriétaire — est la forme dominante du patrimoine des organismes HLM, des foncières et des institutionnels. Pour ces bâtiments, l'échéance est passée depuis le 1ᵉʳ janvier 2024 : un bailleur dont le parc compte des centaines de bâtiments collectifs d'avant 2013 doit, pour chacun d'eux, disposer d'un DPE à l'immeuble, puis le renouveler tous les dix ans tant que le bâtiment n'atteint pas la classe C.

La parenthèse de l'étude de faisabilité énergies renouvelables (2023-2026)

Un point de vigilance pour les organismes HLM, car la règle a changé il y a quelques semaines. La loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables avait ajouté à l'article L. 126-31 une obligation propre au parc social : réaliser, à l'occasion du renouvellement du DPE ou au plus tard dans les cinq ans, une étude de faisabilité sur l'installation d'équipements d'énergie renouvelable, transmise aux locataires et aux collectivités de rattachement. L'article 5 de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique a supprimé cet alinéa : depuis le 28 mai 2026, cette étude n'est plus exigée. Ne reste, à la date de cet article, que le socle : le DPE collectif et son renouvellement décennal.

Ne pas confondre avec l'audit énergétique à la vente

L'audit énergétique réglementaire est une obligation distincte, déclenchée par la vente : il vise les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété mal classés — F et G depuis le 1ᵉʳ avril 2023, E depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, D à partir de 2034. Autre fait générateur, autre document. Et en copropriété s'ajoute encore le projet de plan pluriannuel de travaux, troisième obligation issue de la même loi, avec son propre calendrier. Trois dispositifs, trois objets : le DPE collectif est le seul qui concerne tous les bâtiments d'avant 2013, vente ou pas.

DPE collectif et DPE du logement : deux diagnostics, un pont entre les deux

Le DPE collectif décrit le bâtiment ; il ne remplace pas le DPE du logement. Pour vendre ou louer un appartement, et pour apprécier la décence énergétique qui conditionne la mise en location, c'est le diagnostic du logement qui fait foi — le DPE de l'immeuble ne prend pas en compte la situation particulière de chaque appartement ni ses éventuels travaux.

Il existe en revanche un pont, prévu par l'arrêté du 31 mars 2021 relatif aux méthodes et procédures du DPE : à partir des données recueillies pour le DPE à l'immeuble, le diagnostiqueur peut générer le DPE de chacun des logements sans les visiter tous, à condition que le bâtiment soit homogène — menuiseries, ventilation et chauffage similaires, eau chaude sanitaire produite avec une seule et même énergie. Une campagne de DPE collectif bien menée peut donc produire d'un coup des dizaines de DPE logement : une occasion concrète de remettre à niveau la couverture DPE d'un parc, alors que tous les diagnostics antérieurs à juillet 2021 ont cessé d'être valides.

Une vague de diagnostics qui rebat la donnée patrimoniale

Trois échéances en trois ans, sur tout le parc collectif d'avant 2013 : la conséquence mécanique est une vague de diagnostics établis à la maille du bâtiment, et de DPE logement générés en cascade, qui alimentent l'observatoire de l'ADEME. Pour un gestionnaire de parc, c'est une chance — des données neuves, à jour de la méthode 2021 — et un piège : derrière une même adresse coexistent désormais des DPE du logement et des DPE à l'immeuble, deux mailles qu'un rattachement au patrimoine doit impérativement distinguer sous peine d'affecter au studio du rez-de-chaussée l'étiquette du bâtiment entier.

C'est un cas que RattachDPE traite explicitement : lorsqu'un diagnostic est déposé à l'immeuble, le rattachement est tracé avec un statut dédié, distinct du rattachement au logement, et chaque affectation reste adossée à la fiche officielle ADEME du diagnostic. Sur le parc d'un bailleur social de 12 500 logements, cette discipline a permis d'établir l'inventaire des classes sans créer un seul doublon. Pour les bureaux d'études qui préparent des campagnes de DPE collectifs ou des audits de parc, nous avons décrit ce que l'outil apporte à leurs missions sur notre page dédiée aux bureaux d'études et bailleurs. Et pour voir le rattachement fonctionner sur vos propres données — logements comme immeubles —, écrivez-nous à contact@techflowai.fr : démonstration sur votre parc, sans engagement.

Sources

  1. 1.legifrance.gouv.fr — article 158 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 : réécriture de l'article L. 126-31 du CCH ; VI — entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2024, reports au 1ᵉʳ janvier 2025 (copropriétés de 50 à 200 lots) et au 1ᵉʳ janvier 2026 (au plus 50 lots à usage de logements, de bureaux ou de commerces).
  2. 2.legifrance.gouv.fr — article L. 126-31 du code de la construction et de l'habitation, version en vigueur depuis le 28 mai 2026 : obligation de DPE pour tout bâtiment d'habitation collective d'avant 2013, renouvellement décennal, exception classes A, B ou C.
  3. 3.legifrance.gouv.fr — article L. 126-31, version en vigueur du 12 mars 2023 au 28 mai 2026 : étude de faisabilité énergies renouvelables des organismes HLM issue de l'article 42 de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023.
  4. 4.legifrance.gouv.fr — article 5 de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique : « le dernier alinéa de l'article L. 126-31 est supprimé ».
  5. 5.service-public.gouv.fr — fiche « DPE collectif » (vérifiée le 1ᵉʳ janvier 2026) : monopropriétés et copropriétés de plus de 200 lots depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, outre-mer au 1ᵉʳ janvier 2028, vote à la majorité simple, absence de sanction spécifique.
  6. 6.ecologie.gouv.fr — ministère de la Transition écologique : calendrier 2024-2026 du DPE collectif, génération des DPE logement à partir du DPE à l'immeuble sous conditions d'homogénéité, validité de 10 ans, opposabilité depuis le 1ᵉʳ juillet 2021.
  7. 7.legifrance.gouv.fr — arrêté du 31 mars 2021 relatif aux méthodes et procédures applicables au DPE : génération des DPE des logements à partir des données du DPE de bâtiment.
  8. 8.ecologie.gouv.fr — audit énergétique réglementaire à la vente (maisons individuelles et monopropriétés) : classes F et G depuis le 1ᵉʳ avril 2023, E depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, D à partir de 2034.

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