Croiser le RPLS avec la base DPE de l'ADEME : le guide pas-à-pas

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Chaque année, les bailleurs sociaux photographient leur parc dans le RPLS, le répertoire des logements locatifs des bailleurs sociaux : un état au 1ᵉʳ janvier, transmis avant le 1ᵉʳ mars, qui recensait 5,4 millions de logements au 1ᵉʳ janvier 2025. Depuis la collecte 2023, les variables DPE y sont obligatoires — classes énergie et GES, numéro de diagnostic. Or une partie du parc reste déclarée sans DPE. Croiser le répertoire avec la base publique de l'ADEME est le moyen le plus direct de résorber ces trous : voici le guide, étape par étape.

Deux bases qui décrivent le même parc, sans se parler

Côté bailleur : le RPLS

Le RPLS est tenu par le SDES, le service statistique du ministère chargé du logement. C'est le bailleur propriétaire qui déclare — jamais le gestionnaire — et chaque logement y porte un identifiant unique et pérenne, qui le suit de collecte en collecte, y compris en cas de vente à un autre organisme. Depuis la collecte 2022, la déclaration embarque des variables DPE : la date du diagnostic (L_DPEDATE), le classement en consommation d'énergie (L_DPE_CONSO_ENER), le classement en émissions de gaz à effet de serre (L_DPE_CONSO_GES) et le numéro de DPE (L_DPE_NUM_REF) — toutes obligatoires depuis la collecte 2023.

Quand aucun diagnostic n'existe, la consigne officielle est explicite : la date est renseignée à « 01/1900 » et les autres champs restent vides. Ce sont ces lignes-là — les « DPE-NR », DPE non renseignés, du jargon des tableaux de bord — que le croisement vise à résorber. À noter pour les bureaux d'études : les données détaillées au logement du RPLS sont aussi diffusées en open data sous Licence Ouverte sur data.gouv.fr, avec l'adresse détaillée, la date et le classement DPE de chaque logement — de quoi préparer une mission avant même de recevoir le fichier du client.

Côté diagnostiqueur : la base DPE de l'ADEME

En face, l'ADEME publie sur data.ademe.fr l'intégralité des DPE de logements existants établis depuis le 1ᵉʳ juillet 2021 : plus de 15 millions d'enregistrements, mis à jour chaque semaine, interrogeables par API sous Licence Ouverte. Chaque fiche porte le numéro à 13 caractères du diagnostic, l'adresse telle que saisie par le diagnostiqueur, les champs d'adresse normalisée BAN quand le géocodage a abouti, la surface et les étiquettes. Les DPE antérieurs vivent dans un jeu de données séparé et sont de toute façon périmés : ceux établis entre 2013 et 2017 ne sont plus valables depuis le 31 décembre 2022, ceux de 2018 à juin 2021 depuis le 31 décembre 2024.

Un seul pont direct entre les deux : le numéro de DPE

Rien, côté ADEME, ne connaît l'identifiant RPLS, le code bailleur ou le numéro interne du logement. Le seul identifiant commun est le numéro de DPE à 13 caractères, délivré par l'ADEME et repris dans le champ L_DPE_NUM_REF du répertoire. Quand il est renseigné et à jour, la jointure est immédiate. Mais trois limites l'empêchent de suffire : il est souvent vide — c'est précisément le problème à résoudre ; il peut pointer un diagnostic établi avant juillet 2021, donc aujourd'hui périmé ; et il peut être resté figé dans le système de gestion alors qu'un DPE plus récent existe dans la base publique. Pour tout le reste, le pont, c'est l'adresse — telle que saisie à la main par le diagnostiqueur d'un côté, telle qu'héritée du logiciel de gestion de l'autre. D'où la méthode qui suit.

Le croisement pas-à-pas

Étape 1 — préparer l'extrait RPLS et trier trois populations

Partez du fichier de déclaration du bailleur (ou de l'extrait open data pour une mission d'étude), en conservant au minimum : l'identifiant RPLS, l'adresse complète (numéro, voie, complément, code postal, commune), la surface habitable, le type de logement, et les variables DPE disponibles. Triez ensuite trois populations :

  • Numéro de DPE renseigné : candidates à la vérification directe de l'étape 2.
  • Classe renseignée sans numéro : héritage des collectes antérieures à 2022 ou diagnostics anciens — la classe affichée repose sur un document que la base publique doit confirmer ou remplacer.
  • L_DPEDATE à 01/1900 : les DPE-NR, cœur de cible du croisement.

Gardez l'identifiant RPLS accroché à chaque ligne pendant toutes les étapes : c'est lui qui permettra de réinjecter proprement le résultat dans le système de gestion, puis dans la déclaration suivante.

Étape 2 — jouer d'abord la voie directe du numéro

Pour la première population, interrogez la base ADEME par numéro de DPE. Trois issues possibles. La fiche existe et concorde avec le logement (adresse, surface) : le rattachement est prouvé, lien vers la fiche officielle à l'appui. La fiche existe mais ne concorde pas : cas douteux, à mettre de côté pour arbitrage. Le numéro est introuvable ou correspond à un diagnostic d'avant juillet 2021, donc périmé : le logement rejoint le lot à traiter par adresse. Cette passe coûte quelques requêtes et sécurise d'emblée une partie du parc.

Étape 3 — géocoder tout le reste avec la BAN

Soumettez les adresses restantes au géocodeur de la Base Adresse Nationale — l'API Adresse, opérée sur la Géoplateforme de l'IGN, accepte un fichier CSV entier en une seule requête. Chaque adresse revient sous sa forme canonique, avec sa clé d'interopérabilité, ses coordonnées et un score de confiance. Les scores faibles se traitent à part : inutile de chercher des DPE sur une adresse que la BAN elle-même ne reconnaît pas. Comme la base ADEME porte elle aussi des champs BAN, ce géocodage place les deux fichiers dans le même référentiel — c'est lui qui fait tomber les « 12 av. du Gal de Gaulle » contre « 12 AVENUE GENERAL DE GAULLE ».

Étape 4 — constituer les paniers de candidats côté ADEME

Pour chaque logement, interrogez la base ADEME sur l'adresse normalisée, puis élargissez en repli à la voie entière du même code postal, numéro ignoré. Ce filet peut surprendre ; il est pourtant indispensable, car le numéro de rue saisi par le diagnostiqueur est parfois faux. Chaque requête produit un panier de DPE candidats — jamais un rattachement automatique : la décision revient aux étapes suivantes.

Étape 5 — apparier à l'échelle de l'immeuble, pas au premier venu

Un immeuble collectif aligne des dizaines de logements derrière une seule adresse postale, et un même logement peut cumuler plusieurs diagnostics. Chaque candidat est donc noté — écart de surface, cohérence de l'étage et du type, fraîcheur du diagnostic — et l'affectation est résolue globalement à l'échelle du bâtiment : le meilleur DPE du logement 12 ne doit pas être consommé par le logement 11 sous prétexte qu'il a été examiné avant. Le détail de cet appariement optimal, et le rôle du Référentiel National des Bâtiments pour réconcilier les entrées multiples d'un même immeuble, sont décrits dans notre méthode complète de rattachement.

Étape 6 — verrouiller : zéro doublon, statuts, arbitrage

Dernière étape, la plus importante pour la qualité du répertoire : un même numéro de DPE ne peut être rattaché qu'à un seul logement, et ce contrôle doit être bloquant, pas indicatif. Chaque ligne reçoit un statut explicite — rattaché avec certitude, rattaché après arbitrage, introuvable dans la base publique, douteux et laissé en attente — et les cas ambigus passent devant un arbitre (humain ou IA) dont la consigne est asymétrique : dans le doute, refuser. Un DPE-NR assumé se corrige à la campagne suivante ; une classe fausse injectée dans le RPLS engage la déclaration du bailleur.

Reboucler le résultat dans la déclaration suivante

Le produit du croisement n'est pas un simple tableau de bord : chaque DPE-NR résorbé fournit exactement les valeurs attendues par la collecte suivante — numéro à 13 caractères, date, classes énergie et GES — rattachées à l'identifiant RPLS du logement. Les cas particuliers du répertoire s'en trouvent également documentés : un logement classé G retiré de l'offre de location se déclare vide (mode d'occupation 3) avec sa classe renseignée, ce qui suppose justement de la connaître. Et la boucle est annuelle : la base ADEME étant mise à jour chaque semaine, un croisement rejoué avant chaque campagne capte les diagnostics réalisés entre-temps.

Industrialiser plutôt que refaire chaque année à la main

Toutes les briques de ce guide sont publiques et gratuites : le RPLS, la BAN et la base DPE de l'ADEME. Ce qui coûte cher, c'est l'assemblage — le géocodage en masse, les paniers de candidats, l'appariement optimal, le contrôle de doublons et la traçabilité de chaque décision, à refaire à chaque millésime. C'est précisément ce que RattachDPE industrialise : dépôt du fichier du parc, croisement complet, restitution par statuts avec la preuve officielle de chaque rattachement. Les bureaux d'études qui mènent ce croisement pour le compte de bailleurs y trouvent un déroulé de mission dédié, décrit sur notre page rattachement DPE pour bureaux d'études et bailleurs sociaux.

Vous voulez mesurer ce que le croisement donnerait sur votre propre RPLS ? Écrivez-nous à contact@techflowai.fr : une démonstration sur un extrait de votre parc suffit à chiffrer les DPE-NR récupérables.

Sources

  1. 1.statistiques.developpement-durable.gouv.fr — présentation officielle du RPLS (SDES) : état du parc au 1ᵉʳ janvier, déclaration par le bailleur propriétaire avant le 1ᵉʳ mars.
  2. 2.statistiques.developpement-durable.gouv.fr — publication SDES : 5,4 millions de logements locatifs sociaux en France au 1ᵉʳ janvier 2025.
  3. 3.statistiques.developpement-durable.gouv.fr — FAQ RPLS 2025 (SDES) : variables L_DPEDATE, L_DPE_CONSO_ENER, L_DPE_CONSO_GES et L_DPE_NUM_REF (numéro ADEME à 13 caractères), obligatoires depuis la collecte 2023 ; date à « 01/1900 » quand aucun DPE n'existe ; mode d'occupation 3 pour les logements G retirés de la location.
  4. 4.data.gouv.fr — données détaillées au logement du RPLS en open data (SDES, Licence Ouverte) : adresse détaillée, caractéristiques et DPE (date et classement) de chaque logement.
  5. 5.data.ademe.fr — base « DPE Logements existants (depuis juillet 2021) » : plus de 15 millions d'enregistrements, mise à jour hebdomadaire, API, Licence Ouverte v2.
  6. 6.adresse.data.gouv.fr — documentation de l'API Adresse (géocodage BAN), dont le géocodage de fichiers CSV en masse.
  7. 7.ecologie.gouv.fr — validité des DPE : les diagnostics établis entre 2013 et 2017 ont expiré le 31 décembre 2022, ceux de 2018 à juin 2021 le 31 décembre 2024.

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