Géocodage BAN : fiabiliser les adresses d'un parc immobilier
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Géocoder un parc immobilier avec la BAN, c'est soumettre chaque adresse du patrimoine au service de géocodage officiel — désormais opéré sur la Géoplateforme de l'IGN — pour en obtenir trois choses : le libellé canonique, une clé d'interopérabilité stable et un score de confiance. C'est l'étape qui conditionne tous les croisements de données qui suivent, du DPE au bâtiment.
Ce guide décrit la méthode complète — endpoints, géocodage en masse, lecture des scores, pièges constatés — telle qu'elle est appliquée en production sur des parcs de plusieurs milliers de logements. Il complète notre article sur les pièges d'adresses qui rendent les DPE introuvables : ici, on entre dans le comment.
Pourquoi géocoder un patrimoine entier
Le référentiel patrimonial d'un bailleur ou le fichier d'un bureau d'études est rarement écrit dans une langue unique : abréviations héritées des logiciels de gestion successifs, majuscules, compléments d'adresse fusionnés dans le libellé de voie, noms de résidence sans numéro. Tant que ces adresses restent des chaînes de caractères libres, aucun croisement fiable n'est possible — ni avec la base DPE de l'ADEME, ni avec le RNB, ni entre vos propres outils.
La Base Adresse Nationale est la base officielle des adresses françaises : environ 25 millions d'adresses, alimentées par les communes, mises à jour en continu. Le géocodage projette chaque adresse de votre parc sur cette référence : deux graphies différentes de la même adresse convergent vers un libellé unique et une clé unique. C'est la condition préalable de tout rattachement de DPE — la base ADEME elle-même a été géocodée par Etalab avec le géocodeur Addok appuyé sur la BAN, et porte une adresse « corrigée » BAN sur chaque diagnostic.
Le service officiel : la Géoplateforme (et la fin d'api-adresse)
Historiquement, le géocodage BAN était servi par l'« API Adresse » sur api-adresse.data.gouv.fr. Le service est désormais opéré sur la Géoplateforme de l'IGN : géocodage direct (une adresse vers ses coordonnées et son libellé canonique), géocodage inverse, et géocodage de fichiers CSV en masse. La documentation officielle annonce le décommissionnement de l'ancienne URL (fin janvier 2026 selon la documentation, consultée en août 2026) : tout nouveau projet doit viser la Géoplateforme, l'ancienne URL ne servant plus que de repli transitoire.
- Gratuit et sans clé. Le service est libre d'accès, dans la limite de 50 appels par seconde et par IP ; au-delà, il répond HTTP 429 avec un délai de blocage. Un moteur sérieux reste volontairement sous cette limite (le nôtre plafonne à 20 requêtes simultanées).
- Un index frais. L'index d'adresses du géocodeur est actualisé à partir de la BAN deux fois par semaine.
- Adresses uniquement. Le service géocode des adresses — pas des noms d'établissements ni des points d'intérêt. « Résidence Les Tilleuls » sans rue ni numéro ne donnera rien de fiable.
Unitaire ou CSV : géocoder en masse
Pour quelques adresses, l'endpoint de recherche unitaire suffit : on passe l'adresse en texte libre, idéalement accompagnée d'un filtre géographique. Pour un parc entier, le bon outil est le géocodage CSV : on envoie un fichier avec les colonnes d'adresse, on désigne les colonnes à utiliser et le filtre (code INSEE ou code postal), et le service renvoie le même fichier enrichi des colonnes de résultat — libellé, type, score, coordonnées, clé.
En production, notre moteur envoie des lots de 500 adresses au géocodage CSV, avec un repli automatique vers le géocodage unitaire si le lot échoue. Deux réglages comptent plus qu'ils n'en ont l'air : désactiver l'autocomplétion (paramètre autocomplete=0 — on géocode des adresses complètes, pas des saisies en cours), et filtrer par code INSEE (paramètre citycode) plutôt que par code postal quand on le connaît — le code postal regroupe parfois plusieurs communes, le code INSEE jamais.
Lire les résultats : type, score, clé d'interopérabilité
Chaque résultat de géocodage porte trois informations décisives :
- Le type. housenumber (l'adresse est résolue au numéro de voie), street (à la voie seulement), locality ou municipality (lieu-dit, commune). Pour rattacher des données au logement, seul housenumber est une résolution complète ; street est un résultat dégradé, exploitable mais à signaler.
- Le score. Entre 0 et 1, il mesure la confiance du géocodeur. Il n'existe pas de seuil officiel : en production, nous validons un housenumber à partir de 0,65, et nous conservons un street à partir de 0,6 — non pas pour rattacher quoi que ce soit à ce stade, mais parce que ses coordonnées permettent ensuite une recherche de bâtiment par position.
- La clé d'interopérabilité. L'identifiant BAN de l'adresse. C'est lui, bien plus que le libellé, qui rend le géocodage rentable : la base DPE de l'ADEME porte ce même identifiant sur ses diagnostics, ce qui autorise des jointures exactes — un match d'identifiant ne produit aucun faux positif, là où un match de libellés reste un pari.
Les pièges constatés en production
Les codes postaux qu'Excel transforme en flottants
Un fichier patrimoine passé par Excel livre souvent « 16100.0 » au lieu de « 16100 » : le géocodeur rejette ce filtre, et l'adresse ressort non géocodée alors qu'elle est parfaitement valide. Le nettoyage des codes postaux (et des codes INSEE) avant envoi est obligatoire.
Les guillemets et virgules dans les libellés
Des guillemets hérités d'un export peuvent faire échouer la requête (HTTP 400) ; des virgules déplacent des colonnes dans le CSV. Les libellés doivent être assainis avant géocodage.
Les abréviations, à normaliser avant d'envoyer
Le géocodeur tolère bien des graphies, mais un prétraitement systématique améliore nettement les scores : « bd » et « bld » développés en boulevard, « av. » en avenue, « st » en saint, « all. » en allée… Notre moteur applique une table d'une quinzaine de développements d'abréviations avant chaque appel.
Le mauvais numéro, que le géocodage ne corrige pas
Un DPE déposé au 3 quand le logement est au 7 reste introuvable après géocodage : le « 3 » est une adresse BAN valide. La normalisation fait parler toutes les adresses la même langue ; elle ne détecte pas qu'un numéro est faux. C'est le rôle du repli à la voie et de l'arbitrage sur le contenu du diagnostic, détaillés dans notre article sur les pièges d'adresses.
De l'adresse au bâtiment, puis au DPE
Le géocodage n'est pas une fin : c'est le premier maillon d'une chaîne. La clé d'interopérabilité BAN sert de pivot exact vers la base DPE de l'ADEME (champ identifiant_ban, interrogeable via l'API DPE de l'ADEME) ; la même clé — ou, en géocodage dégradé, les coordonnées — permet de résoudre le bâtiment dans le Référentiel National des Bâtiments (RNB), identifiant pivot durable du bâti. La chaîne complète, du fichier patrimoine au rattachement contrôlé zéro-doublon, est décrite dans notre article de référence.
Questions fréquentes
Le géocodage BAN est-il gratuit ?
Oui. C'est un service public gratuit, utilisable sans clé d'API, dans la limite de 50 appels par seconde et par adresse IP (au-delà, HTTP 429).
Faut-il encore utiliser api-adresse.data.gouv.fr ?
Non pour tout nouveau projet : le service est opéré sur la Géoplateforme de l'IGN, et la documentation officielle annonce le décommissionnement de l'ancienne URL. La conserver uniquement comme repli transitoire.
Quel score exiger pour valider un géocodage ?
Pas de seuil officiel. En production sur des parcs réels : housenumber validé à partir de 0,65 ; street conservé à partir de 0,6 comme résultat dégradé, signalé comme tel et jamais traité comme une résolution au numéro.
Le géocodage corrige-t-il un mauvais numéro de rue ?
Non, par construction. Il normalise la graphie ; il ne sait pas qu'un numéro est faux. Retrouver un DPE déposé au mauvais numéro exige un repli d'appariement à la voie, puis un arbitrage sur le contenu du diagnostic.
Voir la méthode sur votre parc
Envoyez un extrait de votre patrimoine à contact@techflowai.fr : vous verrez, adresse par adresse, le libellé canonique retenu, le score, la clé d'interopérabilité — et ce que le géocodage refuse, avec ses motifs.
Sources
- 1.adresse.data.gouv.fr — documentation officielle du géocodage BAN : service opéré sur la Géoplateforme, limite de 50 appels/s/IP (HTTP 429 au-delà), index actualisé deux fois par semaine, décommissionnement annoncé de l'URL api-adresse.data.gouv.fr (consultée en août 2026).
- 2.adresse.data.gouv.fr — la Base Adresse Nationale : base officielle de référence, environ 25 millions d'adresses, alimentée par les communes.
- 3.data.gouv.fr — billet officiel data.gouv.fr (Etalab) : la base DPE géocodée avec Addok/BAN, adresse « corrigée » BAN portée par les diagnostics.
- 4.cartes.gouv.fr — aide cartes.gouv.fr : le géocodage (direct, inverse, CSV) parmi les services de la Géoplateforme de l'IGN.